A la gloire de notre Lycée, à la gloire de nos amis (par Đinh Trọng Hiếu)

de | mai 25, 2016

 

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A LA GLOIRE DE NOTRE LYCEE, A LA GLOIRE DE NOS AMIS.

« Notre Lycée » c’est le Lycée Albert Sarraut (LAS), sis à Hà Nội. Sur le plan établi par The Texas University en 1968 (site numéro « 240 »), il apparaît sans modification notoire[1] par rapport à l’établissement que nous avons fréquenté durant la période de 1947-1954 et dont vous pouvez suivre la répartition des bâtiments en regardant les photographies aériennes des années 1940. Je les ai reprises aux Anciens en y ajoutant quelques indications sur la destination des bâtiments et annexes.

Plan du LAS -1

Plan de situation du LAS (d’après The Texas University, 1968, Plan de Hanoï, détail, emplacement du LAS, 240). Les 4 rues qui entouraient le LAS, du temps de la colonisation, se nommaient : « Avenue Brière de l’Isle » (actuellement Đại lộ Hùng Vương), « Rue de la République » (actuellement Đại lộ Hoàng Văn Thụ), « Rue Destenay » (actuellement Phố Cảnh Chân), « Boulevard Carnot » (actuellement Đại lộ Phan Đình Phùng).

 

2- Vue aerienne du Lycee

D’après le Professeur Léon Vandermeersch, en poste à Hà Nội entre 1954-1957, le Lycée Albert Sarraut fut l’un des « cinq établissements français dont les Vietnamiens avaient accepté [le] maintien à Hanoï après les accords de Genève, les quatre autres étant, la Clinique Saint Paul, l’Institut du radium, l’Institut Pasteur et l’EFEO »[2]. Mais très rapidement, si le principe de ce maintien fut respecté, deux grands changements devaient survenir, l’un sur le fond : l’enseignement, désormais, allait se faire en vietnamien[3] ; l’autre, concernant  la forme : l’établissement allait être transféré à l’ancien « Petit Lycée » (actuellement « Lycée Trần Phú »). Le Lycée Albert Sarraut tel que nous connaissions, depuis sa création en 1919 jusqu’à 1954, hormis les délocalisations dues aux hostilités et bombardements durant la période des années 1940, allait être transformé en Siège officiel du Comité Central du Parti Communiste (Trụ sở Trung ương Đảng Cộng sản Việt Nam)[4]. L’enseignement continua au nouvel emplacement (le « Petit Lycée », alias Lycée Trần Phú) et d’autres générations de jeunes Vietnamiens allaient être encore formées à cet autre établissement, toujours dénommé « Lycée Albert Sarraut », ce qui provoque parfois des confusions. C’est à ce « LAS » bis qu’ont eu lieu, par exemple, les plantations de « l’arbre de l’Amitié »[5].

Ici, dans ce travail de mémoire, je ne fais que croiser les données spatio-temporelles, en incluant nos souvenirs, souvent étayés par de nombreuses photographies, certaines, probablement les dernières, datées exactement un Mercredi « 19/05/1954 », soit 62 ans auparavant,  jour pour jour. Pour davantage de précision, et pour plus de clarté, j’ai divisé l’ancien Lycée Albert Sarraut en 12 zones (ou centres d’intérêt) afin d’y insérer les photographies de nos condisciples dans ce cadre prestigieux. Si l’album n’est pas achevé à la date de sa parution, il sera continué de cette manière.

1 – La Bibliothèque. Nos souvenirs ne sauraient faire économie de la Bibliothèque du Lycée, même si, concernant ce bâtiment administratif, nous ne disposons pas d’image. En effet, la fréquentation de cette Bibliothèque commence bien avant la rentrée des classes. Une fois notre « admission en classe supérieure » connue, nous étions convoqués à la Bibliothèque pour l’emprunt et le retrait des livres scolaires. Ce fut toujours un branle-bas de combat général dans toute ma famille, car ce n’était pas une mince affaire que de ramener tout d’un coup une cargaison de 80 manuels scolaires pour nous quatre. Généralement, ma mère louait un ou deux cyclo-pousse pour y faire entasser les livres, je me souviens encore de mes bras écartés pour embrasser ces livres et la violence des cahots démultipliée par le poids de ces trésors. « Trésors » n’est pas un vain mot, je n’ai jamais tenu autant de billets de banque dans ma vie, mais je crois que si c’était le cas, j’y accorderais néanmoins une moindre attention. Tenir autant de livres, c’est embrasser tout le savoir amassé depuis des siècles, que j’avais hâte de découvrir, c’était une fièvre à nulle autre pareille. Comme j’avais deux grandes sœurs qui me précédaient en classe, je lisais aussi leurs livres, ainsi je disposais de deux ans d’avance. Ma mère mettait le holà devant tant d’enthousiasme : on devait d’abord étaler ces livres, les dépoussiérer, vérifier leur état et les recouvrir. Des arrhes étaient versées et à la restitution des livres, à la fin de l’année scolaire, des sommes d’argent pouvaient être retenues si des livres étaient perdus ou détériorés, ce qui ne nous arriva jamais. Nous craignions moins l’opprobre qui serait ainsi jetée sur notre famille que d’éventuels dégâts causés à ces instruments du savoir. La même attitude devra me poursuivre durant toute ma vie et combien de fois, devant le spectacle de livres jetés pêle-mêle dans une poubelle, ou pire encore, détruits en autodafés, je suis pris d’une douleur sans pareille, autant que si l’on m’a infligé de cruelles blessures, sinon plus. J’aurai encore mille et mille souvenirs liés à ces livres que je vous raconterai une autre fois…

Tous les livres m’étaient précieux, même dans les matières qui présentaient pour moi moins d’attrait. Mes préférences allaient cependant, peut-être allez-vous rire, vers les livres de latin, de français, de lectures, d’histoire et de géographie, de sciences naturelles. Non seulement je les lisais il y a de cela 70 ans, mais je cherche encore à les retrouver pour les relire. C’était dans les vieux Lanson, grosses anthologies introuvables maintenant, qu’on pouvait se délecter de quelques petits poèmes signés Maeterlinck, délicieuses et légères chansons du temps de jadis, ou d’autres, de Johannès Papadiamantopoulos (plus connu sous l’appellation moins « barbare » de Jean Moréas)… J’ai pu retrouver aux Puces parisiennes d’anciens manuels, notamment les livres de Souché et Lamaison, en couverture bleue La grammaire nouvelle et le français, et en couverture orangée Les auteurs du nouveau programme, avec leurs savoureuses dictées, récitations, explications françaises, lectures suivies et dirigées. Ces livres seront enrichis, au fur et à mesure des classes, et aussi des changements des programmes, par d’autres livres : les Castex et Sürer, les Lagarde et Michard… J’ai puisé, encore assez récemment, dans La grammaire nouvelle et le français, de la classe de Sixième (édition : 1939 !), des dictées, de quoi terroriser mes deux filles, scolarisées dans un établissement parisien pourtant réputé pour ses exigences. Je n’en conclus pas, comme on l’entend souvent, que « le niveau actuel des études a baissé », pas du tout, néanmoins, de notre temps, nous n’avions pas non plus à rougir de nos capacités en bien des matières, ceci, il faut bien le spécifier, grâce au système de prêt de livres que pratiquait le Lycée Albert Sarraut, en ces temps-là, d’ailleurs comme tout bon établissement scolaire qui se respecte. Quand on compare cette situation à celle des élèves des établissements scolaires vietnamiens, même à l’heure actuelle, on est atterré par le manque de moyens pédagogiques. D’aucuns disaient : « Le Lycée Albert Sarraut, c’était l’établissement des Vietnamiens nantis », pas du tout, j’étais boursier, et on n’attribuait pas un quart de bourse (une demie-bourse aux années les plus fastes) à des richards ! Le respect des livres, comme de tout instrument du savoir, allait de pair avec le respect de nos professeurs, cela n’influait en rien sur notre bon sens critique, encore moins sur notre indépendance d’esprit, d’ailleurs certains Anciens illustres du LAS restent comme autant d’exemples de ce que pouvait produire cet enseignement parfois qualifié de « colonialiste », dans des domaines aussi divers que l’art militaire, la philosophie, les sciences, la recherche…

De cette fort vieille fréquentation de la Bibliothèque il m’est resté un penchant indéfectible pour les livres, je vis au milieu d’eux, ou plutôt je vis « chez mes livres », et ne m’en plains pas, bien au contraire.

2- L’entrée principale. Vous trouverez ici deux photographies de cette entrée, réservée habituellement aux professeurs ou aux personnalités en visite à notre établissement[6]. Cherchez-en les différences : l’une est en N&B et date d’un temps ancien, l’autre est en couleur et est devenu le Siège du Comité Central, en agrandissant cette photo on peut même lire les inscriptions sur le fronton.

3 - Lycee

 

Je privilégie toutefois la photographie qui suit, prise sur les marches de cette entrée, avec une partie de nos enseignants, un 20 Mai 1952. Nous nous sommes appliqués à retrouver le nom de nos anciens professeurs, comme il se doit pour un devoir de mémoire. Malgré nos efforts, 6 noms manquent encore à l’appel, et nous n’avons pas pu mettre en image plusieurs autres[7] : Mademoiselle Caillaux, docteur ès sciences, professeur de sciences naturelles, Madame Eisenberg, professeur de français, Madame Malleret, professeur de mathématiques, Mademoiselle Yvonne Périé, professeur de musique, Monsieur Gérard Tongas, docteur ès lettres, professeur d’histoire et de géographie…

 

4 - les enseignants du lycee

Les enseignants sur le perron du Lycée Albert Sarraut. Photo prise le 20 Mai 1952.

  1. Madame Drobnichef, professeur d’anglais. 2. Madame Hinaut. 3. Monsieur Herveux, censeur. 4. Monsieur Moliné, proviseur. 5. Monsieur Scrépel, surveillant général. 6. Madame Moliné, professeur de lettres. 7. Mademoiselle Loin, professeur de français. 8. Madame Imbert, professeur de français, d’histoire et géographie. 9. Madame Herveux, professeur de français. 10. Monsieur Ansart, professeur de philosophie. 11. Madame Mallein, professeur d’anglais. 12. ?. 13. Monsieur Nam Sơn, professeur de dessin. 14. Monsieur Nguyễn Văn Ban, professeur de vietnamien. 15. ?. 16. Monsieur Vũ Tam Thám, professeur de vietnamien. 17. ?. 18.Monsieur Gilbert, professeur de français. 19. Monsieur Nguyễn Ngọc Ngoạn, professeur de mathématiques. 20. ?. 21. ?. 22. Monsieur Azambre, professeur d’histoire et de géographie. 23. Monsieur Cazenave, professeur de mathématiques. 24. Monsieur Mallein, professeur de lettres. 25. Monsieur Pouvatchy, professeur de mathématiques. 26. Monsieur Alcaraz, professeur de français. 27. ?. (Mise à jour 2015/04/22, avec l’aide de Monsieur Nguyễn Phúc Toàn).

62 ans après, ce que nous devons à chacun de ces enseignants n’est pas oublié. On y reviendra.

3- L’allée centrale. Cette allée fait partie des allées recouvertes qui permettent de circuler d’un bâtiment à un autre tout en étant protégé par temps de pluie. L’allée centrale se distingue néanmoins des autres, non seulement par sa position, mais encore par le fait qu’elle est végétalisée et dispose d’un grand tambour qui permet de marquer l’entrée des classes, la fin des cours ou le temps des récréations, selon le nombre de coups. Tout à côté de cette allée, quelques-unes de nos charmantes condisciples, que nous avons revues lors des rencontres parisiennes.

5 - eleves

De gauche à droite : Nguyễn Thị Tú Lan, Vũ Tường Liên, Ngô Hồng San, Vũ Thị Thu Diễm.

 

6 - eleves

Un autre jour : Đặng Thị Kim Bằng, Phạm Ngọc Chinh, Nguyễn Thị Tú Lan, Vũ Tường Liên.

 

9- L’allée recouverte. Faisant pendant à l’allée centrale, mais plus éloigné des classes et faisant fonction de relier les bâtiments de classes aux anciens dortoirs, l’endroit est une autre allée recouverte, très souvent photographiée.

 

7 - eleves

Florentine Ninh, Trương Thị Ngọc Ân, Hoàng Thị Bích Ngọc, Nguyễn Thị Mỵ.

 

8 - Rodolphe

Rodolphe Capdeville en compagnie d’Anne et de Danièle de La Fournière.

7 et 8-  Jardins et Infirmerie. Un peu au-delà de l’allée recouverte est une zone arborée, peu connue de la plupart des lycéens, mais d’aspect romantique, c’est pour cela qu’elle est prisée par les photographes. Je soupçonne Rodolphe Capdeville d’en être l’auteur…

 

9 - image

Alors que la guerre faisait encore rage, peut-être en prémonition que nous allions quitter notre Lycée, ou en commémoration d’un événement que j’ignore, plusieurs de nos amies se sont données le mot, pour s’habiller tout en blanc, et se donner rendez-vous dans cette partie de l’école, déserte, un Mercredi, pour une séance de photos. En voici quelques spécimens, devenus des « témoignages d’époque » surtout une fois que notre Lycée fût devenu le siège du Comité Central, à l’accès strictement prohibé au commun des mortels. Ces photos dataient du temps où l’Arcadie nous était accessible !

 

10- eleves

Photo-souvenir du 19/05/1954 : Florentine Ninh, Nguyễn Thị Mỵ, Trương Thị Ngọc Ân, Hoàng Thị Bích Ngọc.

 

10- eleves

Les quatre mêmes, dans un ordre légèrement différent.

 

12- eleves

Nguyễn Thị Kim Dung, Trương Thị Ngọc Ân, Nguyễn Thị Mai, Florentine Ninh, Nguyễn Thị Mỵ, Hoàng Thị Bích Ngọc, au milieu des herbes folles.

    

  13- eleves  

Ci-dessus, quatre parmi la bande des copines très soudées, mais, plus tard, au destin divers :

En haut, à gauche : Nguyễn Thị Mai (actuellement aux USA) ; à droite : Nguyễn Thị Kim Dung, restée au Vietnam après 1954, vivant actuellement en France. En bas, à gauche : Nguyễn Thị Mỵ, ingénieure, restée au Vietnam et y vivant toujours ; à droite, Florentine Ninh, rêveuse sous un jeune palmier, sera enseignante de mathématiques en France.
Photographies de la collection Nguyễn Thị Mỵ.

 

Ainsi va la vie, certes. Les armes, l’histoire, ont écrasé plus d’un. Parmi nous, certains, certaines en ont souffert, et souffrent toujours. On en reparlera. Mais voyez-vous, le sourire que nos amies ont arboré il y a exactement 62 années, nous le gardons toujours. Nos amies le gardent toujours. C’est une bande de copines, actuellement de plus de 80 ans, quelques-unes déjà ne sont plus de ce monde. Nous nous retrouvons toujours, dès que nous le pouvons, ces dernières années un peu moins souvent, mais nous nous tenons au courant les uns des autres, les unes des autres. Ces jeunes filles, élégantes et belles dans leurs robes blanches avaient marqué le passage à une autre époque : le Lycée Albert Sarraut désormais porte l’empreinte de leur présence, de notre présence. Une page d’histoire a tourné qui fait que rien ne ressemble plus à avant, d’autres pages tourneront encore, après… Faut-il nous voir en images pour qu’une certaine réalité vous saute aux yeux ?

Nos charmantes copines de jadis, toujours charmantes, sont désormais de charmantes grand-mères, voire arrières grand-mères. Anciens dentistes, médecins, professeurs, anciennes pharmaciennes, femmes attentives, mères dévouées, matriarches souriantes, elles se partagent toujours bonheur et chagrins. Nous n’oublierons pas aussi nos copains, des papis (ou grand-papis) toujours aussi blagueurs que dans le passé. Essaimées, (essaimés) dans le monde ou bien toujours restées, (restés) au pays, nous portons la marque d’une éducation et d’une culture françaises, ce n’est pas la marque d’une infamie, bien au contraire. Il ne nous revient point d’en apprécier l’apport, mais nous n’avons pas à en rougir.

Aussi ces premières pages d’un album, déjà amorcé les fois précédentes avec nos classes de dessin et de chant, constituées à partir des souvenirs et des images versés dans ce fonds commun, se veulent cette fois de rendre grâce à Notre Lycée et rendre gloire à l’Amitié qui nous a soutenus.

Cela fait partie aussi de votre patrimoine, enrichissez-le.

ĐINH Trọng Hiếu (2016 05 19)

(A suivre)

[1] Sauf deux travées parallèles dans ce qui fut l’arrière-cour de l’ancien LAS, derrière les dortoirs.

[2] Léon VANDERMEERSCH, « Parcours d’un jeune universitaire français au Vietnam dans les années cinquante, in Flora BLANCHON (dir) : Banquier, savant, artiste. Présences françaises en Extrême-Orient au XXè siècle. PUPS, 2005. p.113.

[3] A mon humble avis et quoiqu’on en pense, c’est le processus normal de tout État indépendant de vouloir utiliser comme langue véhiculaire la langue du pays, sauf si des accords particuliers stipulent qu’une langue étrangère puisse être utilisée dans des établissements spéciaux.

[4] Vu la situation du LAS ancien, à proximité immédiate des lieux emblématiques du pouvoir, vu aussi la place éminente du Parti dans un tel système, il était difficile qu’il en fût autrement.

[5]  Voir l’article « L’arbre de l’Amitié » de notre ami et condisciple Nguyễn Phúc Toàn,

http://tuvietfr.com/larbre-de-lamitie/

[6] Ce fut le cas, lorsque j’étais en classe de 7è (1948-1949), de la visite de l’académicien Georges Duhamel et de la récitation cocasse que Madame Lacroix nous avait apprise à cette occasion.

[7]  Monsieur Anger, notre bien-aimé professeur de français en classe de 3è (1952-1953), grâce à l’ami Imré Szabo, est montré plusieurs fois en classe ou dans la cour avec nous.

 

12 réflexions au sujet de « A la gloire de notre Lycée, à la gloire de nos amis (par Đinh Trọng Hiếu) »

  1. Phan Duc Loi

    C’est marrant, j’ai pas dans mon souvenir de ce temps d’alors , l’image d’une Mme Hervé plus jeune que Mme Robischief (et non Dropnichief, selon Hiieu) comme le montre la photo. D’ailleurs Belinda , que tout le monde adore, moi le premier, y est méconnaissable .
    Il y a deux semaines notre fils est allé à Hanoi pour son boulot et m’ a rapporté la photo du Petit Lycée qu’il prend (mal renseigné) pour celui d’Albert Sarraut que nous connaissons.
    Je suis parti poursuivre mes études secondaires à Paris à la rentrée de septembre 1952 après le Brevet passé à Hanoi, et suis tombé sur Da Bò (tel qu’on le prénommait au lycée!) tout à fait par hasard sur le Boul Mich, en quelle année (’53 ou ’54 !) je ne m’en souviens plus. Qu’est-il devenu , et vit-il à Paris ?
    Je n’ai pas eu l’occasion de revoir les anciens camarades dans ma carrière, mais leur souvenir est resté dans ma mémoire.

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  2. DINH Trong Hieu

    Cher Loi,
    Suite à l’échange de mails en privé, je t’écris via tuvietfr. Je t’ai pris pour mon « aîné » puisque tu avais déjà ton Brevet en Septembre 1952 alors que j’allais entrer en 4è, mais en consultant le Palmarès de 1951 (mis à notre disposition par anh Tử Hùng), je m’aperçois que tu étais bien de ma promotion. Quel brillant condisciple ! Tu rafflais les prix dont l’Excellence, et dépassais même Nguyễn Đạt Nhiếp qui, néanmoins ne déméritait point. Seulement, le Palmarès t’a changé de nom « Phạm » au lieu de « Phan », ainsi que celui du copain que tu voulais rechercher « Pham thang Anh » (pp. 76-7). Je te joins une photo que l’ami Szabo a mise en ligne de Mme Dronichief (l’orthographe est de Szabo). Quelle joie de se retrouver !

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  3. SZABO

    Cher Hiêu, cher Lôc,

    J’ai vérifié l’orthographe de la prof d’anglais telle que je l’avais notée en 1952 sur le dos de la photo : Madame Galina Drobnichef affectueusement appelée Linda par beaucoup de « grands », amoureux d’elle !
    Le Da Bò que Lộc avait rencontré sur le Boul’ Mich,’ pourrait être  » ma pomme « . Da Bò est la transposition « phonétique » de Szabo ( notre ami Trường , très moqueur, forçait la dose en m’appelant « giái bò » ). Je ne me rappelle pas avoir rencontré Lộc sur le Boul’ Mich’. Je n’étais arrivé à Paris qu ‘en 1955. Si rencontre il y a, ce serait en 1955.

    Ceci étant, lors de l’emprunt des livres à la bibliothèque, j’hésitais souvent entre deux stratégies : se débrouiller pour avoir des livres neufs ou plutôt des livres usagés. Le livres neufs m’obligeant à accorder une attention « excessive » (et de tous les jours) à leur conservation en l’état jusqu’à la fin de l’année scolaire, j’optais plutôt pour des livres usagés. Au moment de leur restitution , les dégradations supplémentaires que j’aurais pu faire par mégarde se voyaient moins et le risque d’une retenue d’argent me semblait moins grand.

    De voir les photos des copines prises le 19 mai 1954, douze jours après la chute de Diên Biên PHu me laisse rêveur. Photos d’au revoir. Photos d’adieu ? Cela me fait penser à cette phrase du discours d’usage de M. Brigaudeau :  » l’inquiétude, l’angoisse même, qui étreignent ce secteur de la planète ne sont point parvenues à troubler votre jeune insouciance et votre joie des vacances semble être indépendant des vicissitudes du globe. Les psychologues aiment à suivre l’enchaînement mystérieux des associations d’idées; d’aucuns s’obstinent à y trouver parfois de redoutables interprétations  » (extrait Palmarès 1953-1954) . Prémonition, Insouciance ? Seules les copines le savent.

    Merci en tout cas , cher Hiêu , pour cet article dont j’attends avec impatience la suite et aussi pour les deux précédents (cours de dessin et de musique)

    Répondre
  4. ĐINH Trọng Hiếu

    Chers amis, et surtout Szabo et Phan Duc Loi. Mea culpa pour avoir changé la « vraie » orthographe du nom de votre belle prof, Drobnichef, je fais un copier-coller pour ne pas commettre de nouvelles erreurs. Pour ma part, je ne l’ai jamais eue comme enseignante, dommage pour ma pomme !

    Quant aux « suites » à donner, il y en aura plusieurs, de ma part, graves ou rigolardes, mais vous aussi pouvez le faire (surtout Imré Szabo, toi qui as encore plein de photos souvenirs).

    Sinon, je garde toujours un souvenir ému et intact de Mademoiselle Loin, ma Prof de français en 5è, de Mademoiselle Caillaux, Prof de sciences naturelles en 5è, 4è, de notre Prof d’histoire-géographie, Gérard Tongas (5è, 4è), de Monsieur Anger (3è)… Que d’impacts sur mon parcours professionnel et intellectuel par la suite. A nos « plumes » donc ! Amitiés,

    Đinh Trọng Hiếu

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    1. COMBET

      Bonjour Monsieur,

      Ma démarche va être un peu particulière, mais découle de la connaissance que je viens de
      prendre de cette association et de votre intervention en son sein ….

      Né en 1937, je collectionne depuis près de 50 ans des productions asiatiques décoratives de qualité,
      principalement d’ancienne Indochine, datables 1880/1940, qui nous débordent complètement.

      Nos deux garçons – 22 et 24 ans – récemment consultés, n’étant pas spécialement « émus » par tous ces objets,
      mon épouse et moi envisageons de les mettre … »à l’abri » ! en créant une fondation muséale personnelle
      qui sera importante.

      A cette occasion, nous sommes confrontés, passé le temps de l’admiration personnelle depuis ces nombreuses
      années, à l’explication ,pour en maintenir le souvenir, des circonstances ayant motivé la réalisation de pas mal de ces objets et naturellement la traductions de maintes inscriptions qui y figurent …

      Que pourriez vous me conseiller ?

      A vous lire, cordialement
      Michel COMBET
      82270 MONTPEZAT DE QUERCY

      Répondre
      1. De Fontbrune Loan

        Bonjour Monsieur,

        M. Nguyen Tu Hung m’a transmis votre message que je trouve bien intéressant…
        Qu’entendez-vous par « productions asiatiques décoratives « ?

        Merci de votre réponse!
        Loan de Fontbrune

        Répondre
        1. HUNGWP Auteur de l’article

          Bonjour M. Combet
          J’ai validé votre commentaire sur le site Internet. En plus, j’ai écrit à M. Dinh Trong Hieu , éminent ethnologue et à Madame Loan de Fontbrune, spécialiste des Arts asiatiques et membre de l’ASOM (Académie des Sciences d’Outre-Mer) qui ne manqueront pas de vous répondre.
          Pour avoir une idée de votre collection pourriez m’en envoyer quelques photos les plus représentatives ?
          Bien cordialement

          Répondre
        2. COMBET

          Bonsoir Madame …. merci pour votre réponse.

          J’ai envoyé hier à Mr. NGUYEN une dizaine de mails présentant quelques objets variés
          de mes collections : il pourra sans doute vous les transmettre personnellement …
          Il m’a répondu depuis, et je vais lui envoyer un complément d’informations détaillé ces
          jours-ci.
          Bien cordialement
          Michel COMBET

          Répondre
  5. Roger ROSSI

    A la page 3 vous dites en note 3 concernant l’enseignement qui devait après les accords de Genève se faire en vietnamien: « C’est le processus normal de tout Etat indépendant de vouloir utiliser comme langue véhiculaire la langue du pays ». Sauf que si le lycée devait rester officiellement un établissement français, il aurait dû être normal que l’enseignement se fît en français comme dans tout établissement français en pays étranger. J’ai bien connu le lycée français de Vienne en Autriche où les enseignants étaient délégués par la France et où l’enseignement se faisait entièrement en français. Ces établissements, tout en acceptant l’nscription de lycéens locaux sont surtout destinés à garantir aux enfants des diplomates et fonctionnaires français résidant à l’étranger de bénéficier d’un enseignement leur facilitant une bonne réintégration lors du retour en France.

    Répondre
    1. HUNGWP Auteur de l’article

      A M. Roger ROSSI,
      M. Đinh Trọng Hiếu a répondu à votre commentaire par un long texte circonstancié retraçant les années incertaines du lycée Albert Sarraut après 1954. Compte tenu de son grand intérêt historique, je l’ai publié sur le site en tant article indépendant intitulé Le Lycée Albert Sarraut : » les années incertaines ».
      Nguyen Tu Hung

      Répondre
  6. HUNGWP Auteur de l’article

    Ci après la réponse de M. Đinh Trọng Hiếu à M. Michel Combet :

    DINH Trong Hieu
    août 8, 2016
    A monsieur Michel Combet,
    Merci de vouloir nous faire confiance. J’ai le même âge que vous et suis intéressé par tout ce qui touche à l’art et à l’artisanat, surtout ancien (et de qualité). Malheureusement, heureusement plutôt, il y a plus compétent que moi. Mais il faudrait attendre la fin des vacances, je vous mettrai en contact avec M. François Thierry, ancien conservateur à la BnF sur les monnaies et médailles chinoises. Il vous conseillera utilement.
    Personnellement, cela m’émeut que vous vouliez faire une fondation muséale de votre collection, qui témoigne d’un savoir-faire artisanal hélas disparu. Pour cette raison, elle va acquérir de plus en plus de valeur, les collectionneurs nantis du Vietnam nouveau en sont très friands. Mais plus que ces intérêts immédiats, je pense à la sauvegarde de cet art mobilier de l’Asie qui, en France, n’a pas reçu toute l’attention requise, sauf à l’occasion de quelques legs remarquables, par exemple ceux du Général de Beylié au Musée de Grenoble (très beau catalogue en 2010), sauf aussi des collections éparses comme celle des instruments de musique de la Cour impériale de Hué aperçus au chateau de Lourmarin (Vaucluse)…
    Soyons patients et attendons le retour des vacanciers.
    D.T.H.

    Répondre
    1. HUNGWP Auteur de l’article

      COMBET
      août 9, 2016

      Réponse de M. Combet
      Cher Monsieur,

      Je tiens d’abord à vous remercier pour votre très aimable réponse.

      Vos arguments me confortent dans l’idée qu’il est nécessaire de faire connaitre , et rappeler …
      au plus grand nombre, les qualités de cet art mobilier familier qui n’a duré que le temps d’une « belle époque ».

      La valeur de ces objets, c’est l’extraordinaire exemple de dextérité manuelle et d’esthétisme
      naturel qu’ils ont porté à ce haut niveau …. rien d’autre pour moi ! , mais pour d’autres des souvenirs …

      Sauf le souvenir d’une mère qui chantonnait continuellement avec extase … « quand le soleil se lève
      à l’horizon à Saigon » , et de mes 2 frères (1929 et 1932) qui ont servi là-bas et qui m’en ont transmis
      le virus définitif !!!

      Je m’active pour dénicher l’endroit définitif … mais plus rien n’est simple.

      Au plaisir, Cher Monsieur, en vous remerciant encore pour vos interventions.
      Bien cordialement
      Michel COMBET

      Répondre

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