Décès de Colette Jeannin

de | juin 10, 2022

Notre ami Thai An Marcel Schneyder nous a fait parvenir la triste nouvelle :

La famille m’a chargé de vous annoncer le décès de mon amie, Colette Jeannin, membre de l ‘ ALAS et de l ‘ AELCY, survenu le 1er Juin à son domicile, suite d’une crise cardiaque à l’âge de 89 ans. Née au Tonkin, elle est venue à Saigon en 1948 puis à Dalat en 1950 au Lycée Yersin .
Avec mes sentiments très attristés.

Thai An Schneyder

Les obsèques : Madame Brigitte Richard, nièce de Colette Jeannin nous en a donnés les détails suivants :

Mise en bière et fermeture du cercueil (se passent en famille): Mardi 14 juin 9h30 -10h
Maison funéraire de Ménilmontant, 7 bd Ménilmontant  
75011 Paris (métro Philippe-Auguste)

Cérémonie :  10h30 ANNULEE 
Notre-Dame du Perpétuel Secours, 55 bd Ménilmontant  
75011 Paris (métro Philippe-Auguste ou Père Lachaise)

Inhumation :15h 
Cimetière de Millançay, rue du cimetière
 41200 Millançay

Nous avons recueilli quelques hommages rendus à la famille JEANNIN

Lan-Huong Hung NGUYEN-TU
Lan et moi sommes très attristés par le décès de Colette Jeannin dont la maman, Yvonne, épouse du Résident-Maire de Nam-Dinh, était la marraine de Lan.  Les deux familles se connaissaient bien. Ci-joint une photo de Colette en 1944,
âgée de 11 ans, tenant Lan dans ses bras. 

Photo et légende de la Maman de Lan

 

 

 

 

   

 

 

 

 

 

Mail de André Le-lan

Bonsoir mon cher Hiêu,
Merci pour cette triste information qui arrive en même temps que celle de Châu concernant le Départ de notre ami Ernest Chardin.

Ton rappel de cette époque « héroïque » 1954, Diên Biên Ph1954,ode, Dalat, lycée Yersin … avec
mon jeune frère Henri (81 ans médecin ER) nous n’avions pas loisir d’admirer la belle nature à Dalat – demeure de l’Empereur Bao Daï – lors des déplacements à bicyclette pour aller au lycée Yersin. M. Hervieux le Censeur l’était à Hanoï et nous avait permis d’élire domicile dans nos dortoirs qui étaient vides lors de chaque période de vacances Au lycée comme élèves il n’y avait que André et Henri Le Lan pas de réfectoire … pas de sous … Cela me permettait de bucher mon Bac …Ai eu aussi M.Bricou comme Prof. Tu as raison je me distinguais davantage en sports physique que cérébral mais j’étais et je suis toujours adepte du  » mens sana in corpore sano »  (un esprit sain dans un corps sain) … pourvu que ça dure … 
Bien amicalement et bonsoir à tous.

ĐINH Trong Hieu

Bien triste nouvelle que le décès de Colette ! Ainsi s’en vont les gens qui font qu’un endroit, une époque aient un sens, voire une âme. Je raconterai brièvement l’exemple de la famille Jeannin à Dalat, en 1954.

Ma famille, composée de ma mère (mon père étant décédé en Avril 1945 du typhus contracté auprès de ses patients), mes sœurs, moi, ainsi que deux domestiques, étions des « réfugiés » en provenance de Hanoï lors de l’Exode de 1954. Accueillis à Dalat, sans que nous connaissions la famille Jeannin, nous étions cependant hébergés chez eux, aimablement. Monsieur et Madame Jeannin avaient fait construire des maisons en bois qui devraient devenir d’autres dépendances de leur vaste et belle demeure située au bord du lac de Dalat. Dès que l’eau et l’électricité furent installées, ils mettaient ces chalets à notre disposition. Colette et son frère devraient être déjà partis en France, à cette date. Tous les matins, mes sœurs et moi nous prenions nos bicyclettes pour aller au Lycée Yersin, longeant la route bordée de merisiers en fleurs, pour arriver à la côte surmontée de la fameuse silhouette du Lycée Yersin.   

Ne sachant pas comment remercier le couple Jeannin, je me suis dit : il faut que tu sois premier de ta classe pour mériter leur sollicitude. J’étais en Première Classique (le proviseur étant M. Meunier, le censeur M. Hervieux, auparavant déjà en poste au Lycée Albert Sarraut, notre professeur principal, M. Bricou). Ainsi, au moment du Bac 1, j’ai eu l’honneur de rafler tous les premiers prix de ma classe, excepté en Gymnastique, matière qui continue à m’horripiler, à la grande différence de l’ami André Le Lan, également ancien d’Albert Sarraut installé à Yersin.. 

J’ai conservé de cette époque une vision enchanteresse, non seulement de la beauté du paysage à Dalat, mais surtout de la bonté des gens. On dirait des êtres humains dépourvus de méchanceté : au marché, pas de marchandage, les bûcherons dont on louait le service pour fendre du bois, travaillaient jusqu’à la fin de leurs tâches, et non pas jusqu’à l’heure de sortie des bureaux… Ceci, pour le « décor », quant à Monsieur et Madame Jeannin, ils étaient la discrétion même, pleins de prévenance à notre égard. À leur départ pour la France, à la fin de l’été 1955, les trois chiens qui jouaient avec nous dans le jardin étaient répartis dans trois familles. Il y avait Yama, Niger (prononcé « Nigueur », noir) et Flick. Nous avons eu Niger, le gentil chien noir : Niger fut heureux chez nous, longtemps après…

Ma mère et un autre « Yama » jouant avec « Niger », (Saigon, fin 1960).

Bref, la porte du paradis, entr’ouverte à cette époque et que, définitivement désormais, Colette avait franchie. 
J’ajouterai à mon souvenir, d’elle ainsi que de sa famille, une prière, du fond de mon cœur. 

ĐINH Trong Hieu

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