Lettre à Tu Hung

de | novembre 17, 2017

Cher Tu Hùng,

Tout d’abord, un grand merci pour avoir accepté d’héberger sur ton site l’article de Đinh Trọng Hiếu. Ces retrouvailles impromptues, improvisées en moins d’une semaine, avait bénéficié de deux heureux hasards : une soudaine envie de revoir Trường (ALAS Californie) de passage à Paris a poussé Charles Lemyre et moi à « monter » de notre Sud. Invitée, Pierrette Thomas, que beaucoup n’ont pas revue depuis 63 ans, disait pouvoir venir de sa Charente pendant quelques jours fin octobre. Hiếu, alerté, réunit un comité parisien d’accueil (Bích Ngọc, Ngọc Ân, Kim Dung, Florentine Ninh, André Lelan, Rodolphe Capdeville). Enfin, Ngọc Ân se chargea de trouver un restaurant. C’est ainsi que les retrouvailles de la« promo 1949 » avait pu avoir lieu, ce 29 Octobre 2017.

Les onze anciens de ces retrouvailles se côtoyaient jadis dans des classes de même niveau, Classiques A B, Modernes M1, M2, M3…, depuis leur entrée en 6 ème (1949) jusqu’en Seconde, à la fermeture du (grand) lycée en 1954. Durant ces cinq années, ils se sont souvent retrouvés dans les « cours communs » dispensés, toutes sections confondues : dessin avec M.Nam Son, musique avec Mlle Périé, vietnamien (M. Ban), allemand (Mme Hinault, Mr Clap) et bien sûr, gym, au stade avec (MM ; Merkel, Chaussidière et Passetemps). Les fréquents regroupements classiques-modernes dans des cours communs ont donné aux onze anciens réunis à Paris cette impression de faire partie d’une seule et même classe de la 6ème à la Seconde, d’une seule et même promo, la « promo de 1949 ».

Cette rencontre amicale m’amène à te parler de … l’Arbre de l’Amitié afin de te remercier encore et encore des efforts que tu as déployés pour garder la mémoire du lycée et entretenir l’amitié entre anciens (création et gestion du site alasweb), mais aussi pour assurer un trait d’union entre les deux cultures française et vietnamienne (site tuvietfr.com). Ce trait d’union, concrétisé désormais par la plantation en 2013 de l’arbre de l’Amitié à Hanoi. Tu avais participé si activement à en organiser la cérémonie. Dans mon carnet de voyage, je notais en Janvier 2014 : « Tu Hung, un ami « alasien » de Paris, qui s’est beaucoup investi dans cet évènement «« historique » avait demandé à Đỗ Hữu Điển et à Phi Hoàng Cường de m’accompagner afin que ma visite du Petit Lycée soit plus riche en émotion ! Un grand merci à Tu Hùng ! Nous pénétrons dans la cour du Lycée. L’Arbre de l’Amitié est là devant nous : Un jeune flamboyant de 4 m de haut, qui paraît tout petit, comparé à deux autres flamboyants, plantés dans cette même cour, depuis des dizaines d’années. Au pied de l’arbre deux plaques côte à côte, où sont écrits en français et en vietnamien : « Le 27 octobre 2013, ce flamboyant a été planté par L’Association des Anciens du Lycée Albert Sarraut …(ALAS) et le Club ALAS Vietnam, en symbole de l’enracinement dans la terre et dans le temps, de l’amitié qui lie les peuples vietnamien et français ». Enracinement dans la terre et dans le temps, j’aime bien cette expression. Des racines et des ailes …. » Un trait d’union dans l’espace-temps ! Par paresse et négligence probablement, je ne t’avais pas envoyé plus tôt ces quelques lignes ainsi que les photos qui suivent.

 

Janvier 2014, avec Đỗ Hữu Điển au pied de l’arbre

 

Puis autour d’un Bun’ Cha rue Hàng Mành

 

 

 

L’arbre de l’Amitié est devenu pour moi un symbole, un lieu de pèlerinage. A chaque voyage à Hanoi, je vais lui « rendre visite » voir comment il a grandi. En 2016, il a déjà gagné plus d’un mètre et bien dépassé les 5m (l’échelle est donnée par la taille de mon petit-fils Sébastien(1,70m). En janvier prochain (2018), j’actualiserai sahauteur.

Un seul regret, je n’ai pas encore vu fleurir l’arbre de l’Amitié. Mes retours au Vietnam se font toujours en hiver. Je ne suis plus enclin à affronter la chaleur d’un mois de juin à Hanoi. Je me contenterai donc des photos de notre flamboyant en fleurs, prises par nos amis de l’ALAS Viêt Nam. En toute amitié

Imré Szabo

 

 

 


P.S. Le jour même de nos retrouvailles, à 13 000 km de Paris, nos amis du Club ALAS-VietNam se réunissaient dans cour du Petit Lycée pour un renouvellement de leur Bureau (Photo avec Đỗ Hữu Điển au centre) et pour … danser tout près de l’Arbre de l’Amitié. Cet arbre-trait d’union est magique !Ban chấp hành Câu lạc bộ ALAS đã họp và quyết định sẽ tổ chức hội trường năm nay vào sáng ngày 29 tháng 10 /2017 tại trường cũ số 8 Hai Bà Trưng .

 

 

 

 

http://www.alasvietnam.vn/chi-tiet-thong-bao- moi/531/

3 réflexions au sujet de « Lettre à Tu Hung »

  1. DINH Trong Hieu

    Cher anh Tử Hùng, cher Imré,

    Très content de lire la réaction d’Imré Szabo. C’est bien plus qu’un « commentaire » sur mon compte-rendu des retrouvailles et, bien sûr, mérite une place à part entière. Tu as très bien fait de mettre la lettre d’Imré comme tu l’as fait, anh Tử Hùng, car 1. J’aime bien la réaction d’Imré de te remercier. On oublie trop souvent le rôle crucial d’un hébergeur, sans toi et ton Site, nous serons tous « dans la rue », comme SDF. Beaucoup, dans notre entourage, au lieu de réagir en laissant un commentaire, m’écrivent directement pour me dire ce qu’ils pensent. Cela prive les lecteurs de leurs réflexions, tandis que de ma part je ne peux faire publier leurs réactions et leurs mails (privés), souvent substantiels. 2. L’article d’Imré ouvre nos souvenirs sur une autre perspective et fait la relation avec ce qui se passe au Vietnam : est ce par hasard que nos retrouvailles parisiennes tombent le même jour que les retrouvailles à Hanoï ? Hanoï-Paris, Paris-Hanoï (j’ajouterai aussi Saigon, Dalat, mais il faudrait rajouter encore la Californie, et bien d’autres lieux encore) : ne faisons-nous pas un constant va-et-vient entre ces lieux et ces moments qui ont rythmé (et qui rythment toujours) ces balancements de nos cœurs, de nos vies et de nos souvenirs ?
    Je demanderais toutefois que anh Tử Hùng veuille bien corriger deux fautes de frappe : 1ère ligne « sur » et non « sut »; 5è ligne « revue » et non « revu » (accord avec Pierrette). Certains mots collent à d’autres, mais cela reste des « mystères de l’informatique ».

    Grand merci mes chers amis, que l’automne vous apporte soleil et joie.
    Je remettrai tout ceci sur le Site tuvietfr, car c’est bien un « commentaire » et non un mail privé.

    Đ.T.H.

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  2. SZABO

    Cher Tu Hùng, cher Hiêu,

    En dehors des fautes de frappe et d’accords dans le texte, la légende de la photo où Điển est avec moi au restaurant est : « Puis autour d’un Bun’ Cha rue Hàng Mành » cette légende complète celle de la photo précédente « Janvier 2014, avec Đỗ Hữu Điển au pied de l’arbre ».

    Ces mystères de l’informatique : collage de mots voisins, remplacement d’une légende par le double d’une autre, vont donner plus de travail à Tu Hùng.

    J’aimerais cependant clore mon premier commentaire, devenu article, en épiloguant encore sur l’Arbre de l’Amitié : Derrière ce symbole, il y a la réalité de vraies rencontres et de découvertes d’anciens du lycée. Dans son commentaire, Đinh Trọng Hiếu fait ce constat . « Ne faisons-nous pas un constant va-et-vient entre ces lieux et ces moments qui ont rythmé (et qui rythment toujours) ces balancements de nos cœurs, de nos vies et de nos souvenirs ? ».

    Amis Alasiens du monde entier, ne manquez-pas de rendre visite à l’Arbre de l’Amitié lors de vos « retours aux sources ». Enfin, je voudrais mettre en partage l’intégral des notes sur ma rencontre 2014 avec les anciens de Hanoi. Des fois que ces quelques lignes vous incitent à aller à la rencontre des anciens de Hanoi.

    « Nous remontons vers le Petit Lac. Entrons dans la banque juste en face du restaurant bar Thuy Ta, pour convertir des euros en dôngs. J’ai juste le temps de m’asseoir en attendant que Gérard ait fini ses transactions que mon téléphone se met à sonner. Đỗ Hữu Điển, président du Club des Anciens du Lycée Albert Sarraut et Phi Hoàng Cường, directeur du comité d’organisation de la plantation de L’Arbre de l’Amitié, nous attendent devant le Petit Lycée. Je réalise alors qu’il y a erreur sur l’heure du rendez-vous. Il me semble avoir dit au téléphone à Phi : Môt gio (à une heure). Mais l’ai dû bégayer et il a compris Muoi Môt gio (à 11 heures). Ils sont donc venus au rendez-vous avec deux heures d’avance ! Điển nous indique que la banque n’étant pas bien loin du Petit Lycée, nous pouvons venir à pieds. Il nous attendra. Nous longeons d’un pas rapide le bord du lac. Arrivés rue Trân Hung Dao, il reste encore près de cinq cents mètres à parcourir. Điển nous reçoit à l’entrée, un béret sur la tête. Phi, appelé par son travail, a dû repartir quelques minutes avant. Je n’ai pas grande peine à reconnaître Điển : Je l’avais vu sur une vidéo, tournée lors de cérémonie de plantation de l’Arbre de l’Amitié, cérémonie officielle, en présence de l’ambassadeur de France et des représentants du gouvernement vietnamien, Tu Hung, un ami « alasien » de Paris, qui s’est beaucoup investi dans cet évènement « historique » avait demandé à Điển et à Phi Hoàng Cường de m’accompagner afin que ma visite du Petit Lycée soit plus riche en émotion ! Un grand merci à Tu Hùng !

    Retrouvailles et souvenirs. Điển, plus jeune, était en quatrième alors que j’étais en seconde, en 1954. Point de repère : il faisait partie de l’une des équipes de basketball du lycée, tout comme moi, et on a dû se rencontrer bien des fois au stade. Je ne peux m’empêcher de sourire. Aucun de nous deux ne dépasse 1m70 et passerait facilement sous les bras tendus des géants du basket de maintenant ! Je crois qu’aucun de nous ne peut être plus « alasien » que Điển. Son père travaillant au Lycée Albert Sarraut, sa famille y était logée. De ses sept frères et sœurs, un seul n’a pas fait ses études au LAS. Lui-même, a épousé plus tard une ancienne élève, une alasienne !! Je lui demande s’il a reçu les 200 exemplaires du bulletin du N° spécial de L’’ALAS, expédiés par Tu Hùng. Pas encore, me-dit-il, les publications expédiées en grand nombre d’exemplaires sont souvent réceptionnées avec du retard.

    Nous pénétrons dans la cour du Lycée. L’Arbre de l’Amitié est devant nous : Un jeune flamboyant de 4 m de haut, qui paraît tout petit, comparé à deux autres flamboyants, plantés dans cette même cour, depuis des dizaines d’années. Au pied de l’arbre deux plaques côte à côte, où sont écrits en français et en vietnamien : « Le 27 octobre 2013, Ce flamboyant a été planté par L’Association des Anciens du Lycée Albert Sarraut (ALAS) et le Club ALAS Vietnam, en symbole de l’enracinement dans la terre et dans le temps, de l’amitié qui lie les peuples vietnamien et français ». Enracinement dans la terre et dans le temps, j’aime bien cette expression. Des racines et des ailes. Il me vient une parole d’une vieille chanson, d’Anne Sylvestre, je crois : « la terre me colle à mes sabots, ne saurai m’en défaire .. ». Avec le temps, le flamboyant et l’amitié croîtront. Pour sûr, me dit Điển.

    Il est midi et demi. Nous invitons Điển à déjeuner. Lui et moi pourrons évoquer bien d’autres souvenirs encore. De mes précédents voyages, j’ai retenu l’adresse d’un restaurant, rue Hàng Mành (rue des stores) qui sert le meilleur Bun’ Cha qui soit. Điển prend son vélo. La moto est plutôt dangereuse à 75 ans et le bus trop compliqué pour circuler dans Hanoi. Nous hélons un taxi. Điển. nous a devancés ! Il nous attend devant le restaurant. . .. avec sa bicyclette ! Il connaît bien la maison. Nous le suivons dans la montée très raide jusqu’au deuxième étage. Beaucoup de monde et de bruit mais le Bun’ Cha servi est vraiment excellent. Điển parle un français parfait. Elisabeth et Gérard sont ravis de discuter en direct, sans attendre ma traduction. Deux heures, nous nous disons au revoir en nous promettant d’envoyer par mél les photos prises près de l’arbre. (notes de voyages, Hamoi février 2014)

    Amitiés

    Imre Szabo

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  3. HUNGWP Auteur de l’article

    Les nombreuses erreurs dues à l’Informatique ont été corrigées mais je n’ai pas pu percer leurs mystères. Je tiens beaucoup à des textes exempts de toutes erreurs d’orthographe et surtout de grammaire. N’hésitez pas à me les signaler.
    Je reviens à vos deux arcticles, chers Dinh Trong Hieu et Imré Szabo, et aussi au texte de Michel Combé. En les lisant, je suis envahi par une émotion profonde et une interrogation. Comment onze anciens du Lycée Albert Sarraut, de la même « promotion 1949 », habitant dans des endroits éloignés, ont-ils pu se retrouver si rapidement, autour d’une table dans un restaurant, après 63 ans. Plus d’un demi siècle n’ont pas pu ternir, entamer cette amitié, née dans leurs jeunes années, au sein de notre cher Lycée inoubliable. Par comparaison, je n’ai pas pas retrouvé une telle amitié dans les lycées en France. Cette fidélité aux amis de classe, cette reconnaisance, cette gratitude à notre Lycée, sont-elles dues aux traditions et la culture de notre pays d’origine ? Ces qualités, je les ai découvertes un certain 27 octobre 2013, à Hanoi, lors de la plantation de L’Arbre de l’Amitié, chez des anciens ayant fréquenté le Petit Lycée quelques années après 1954. Je ne les avais pas connus avant, ayant quitté en 1952 pour la France mais je n’oublierais jamais l’acceuil particulièrement chaleureux de Do Huu Dien, An Kieu, Phi Hoang Cuong et de nombreux autres.
    Je remercie infiniment Dinh Trong Hieu et Imré Szabo de leur contributions à Tuvietfr. DTH est déjà un « abonné » depuis le début, ses articles sont très appréciés pour le fond et la forme. Imré a conservé de très nombreuses photos de classe et j’espère que tu nous livreras tes souvenirs.
    Amitiés.
    Nguyen Tu Hung

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